Au Laos, la relation entre l’homme et l’eau fait partie intégrante de la vie quotidienne. Dans les villages, étangs et canaux ne servent pas seulement à l’irrigation des rizières : ils sont aussi une source essentielle de nourriture. Régulièrement, ces points d’eau sont vidangés, révélant un moment spectaculaire et collectif : la pêche à la main.

La vidange des canaux : un moment clé du calendrier agricole
Lorsque l’eau est évacuée, le fond boueux apparaît peu à peu. Hommes, femmes et enfants entrent alors dans le canal ou l’étang, souvent pieds nus, armés seulement de leurs mains, parfois d’un panier ou d’un petit filet. Les poissons tentent de se cacher dans la vase, les crabes se réfugient dans leurs trous, et il n’est pas rare de croiser des serpents d’eau surpris par la soudaine disparition de leur habitat.
Des espèces variées au menu
Cette pêche est à la fois alimentaire et sociale. Elle permet de récupérer une grande variété d’espèces : poissons-chats, carpes, anguilles, crabes de rizière… Tout ce qui est attrapé sera consommé, partagé ou vendu. Rien n’est gaspillé. Cette pratique s’inscrit parfaitement dans notre approche de rizipisciculture, où l’élevage de poissons complète naturellement la culture du riz.

Un événement communautaire et intergénérationnel
Au-delà de la pêche, ces vidanges sont de véritables événements communautaires. Les rires, les cris, les éclaboussures et l’excitation rythment ces moments rares. C’est aussi une manière de transmettre les savoir-faire traditionnels aux plus jeunes, qui apprennent à reconnaître les espèces et à se déplacer dans la boue sans se blesser. Cette transmission intergénérationnelle est au cœur de notre mission pour favoriser l’interculturalité.
Du canal à l’assiette

Les poissons fraîchement pêchés sont préparés et grillés sur place, offrant un repas simple mais savoureux à toute la communauté. Cette alimentation locale et durable contribue à la sécurité alimentaire des villages ruraux.
Une pratique ancestrale face aux défis modernes
Dans un monde où la pêche industrielle domine, ces scènes rappellent une pratique ancestrale, respectueuse de l’environnement et profondément enracinée dans la culture lao. La vidange des canaux n’est pas seulement une technique de gestion de l’eau : c’est un instant de vie, de partage et de survie, au cœur du quotidien rural du Laos.
C’est pourquoi nous soutenons des projets comme l’écloserie de Dongkouay, qui permettent aux communautés de préserver ces pratiques tout en développant une aquaculture durable et autonome.


